vendredi 23 octobre 2015

Pourquoi un Blog de Psy?

Mais ils sont fous ces psy?




Parce qu'être psychologue en libéral ne doit pas rimer avec travail solitaire, ce blog a vocation à être une plateforme d'échange pertinente et conviviale pour celles et ceux que le travail psychothérapeutique et la psychanalyse intéressent.

Articles théoriques, séminaires, formations, thèmes spécialisés, actualités psy sont au rendez-vous. Mais aussi anecdotes, coups de coeur et coups de gueule.



Le psychodrame psychanalytique individuel : plaidoyer

Le psychodrame psychanalytique individuel : plaidoyer 



Notre expérience du psychodrame psychanalytique individuel se base sur notre expérience de meneur de jeu dans le psychodrame pour enfants et adolescents de l'hôpital Saint-Anne à Paris, au sein du VI ème secteur de guidance infantile.

Vous avez dit psychodrame ?


Le terme de psychodrame est aujourd’hui entré dans le langage courant. En témoigne l’expression devenue à la mode : « on est en plein psychodrame ». L’idée exprimée ici illustre une situation particulièrement difficile où les protagonistes ont le sentiment de vivre un « drame psychologique ». D’où une première appréhension légitime devant un terme qui, en réalité, décrit une technique psychothérapeutique précisément théorisée et reconnue pour son efficacité.

 Petit historique du Psychodrame.



La paternité du terme de psychodrame revient au médecin J.L. Moreno. Dans les années 1920-1930 Moreno expérimente un « théâtre de la spontanéité » où le patient était invité à mettre en scène ses problèmes pour les faire disparaître.

Dans les années 60 un groupe de psychanalystes français réinvestissent le psychodrame morénien pour le transformer en profondeur. Il ne s’agit plus tellement de se centrer sur la visée cathartique du psychodrame – ce qui est « lâché » sur scène –  mais plutôt sur ce que le jeu suppose et engage comme scène psychique privée à interpréter. L’action par le jeu n’est plus une fin en soi mais un moyen d’arriver à un travail psychique d’élaboration, de transformtion, des modes de fonctionnement de l’individu.


Ainsi le psychodrame psychanalytique individuel est devenu une nouvelle approche thérapeutique pensée pour des personnes pour lesquelles les dispositifs strictement verbaux ne conviennent pas. Il s’invente comme une adaptation du cadre analytique dont il garde les éléments clés, à savoir l’analyse du transfert, de l'inconscient, et le travail d'élaboration, de symbolisation ou de construction à partir de contenus psychiques bruts.



Notre pratique s’inscrit dans cette lignée.

Définition du psychodrame individuel


Le psychodrame emprunte au théâtre sa dimension ludique, au jeu de rôle sa spontanéité et à la psychanalyse sa profondeur. C’est une forme de psychothérapie qui par son utilisation du jeu d’improvisation, sa mise en mouvement du corps permet l’élucidation et le traitement de certaines problématiques difficilement accessibles autrement. Par sa mise en jeu d'une parole qui s'incarne, de l’imaginaire, du « faire semblant » et grace à la présence de plusieurs thérapeutes psychodramatistes, le psychodrame permet de se lier aux mots, de se représenter, d'ouvrir accès aux perceptions, sensations et associations qui jusque-là n’arrivaient pas se dire ou se ressentir.

Fragments cliniques


"Le Psychodrame c'est comme du théâtre alors?", Nicolas, 14 ans.

Si le psychodrame peut ressembler au théâtre le but poursuivi est fondamentalement différent. Il ne s'agit pas de bien jouer mais de mieux penser.
Tout d’abord le vocabulaire. Ici ni décor ni costume. Point d'acteurs mais des thérapeutes et un patient. Enfin il n'y a pas de public, le contenu des séances étant bien évidemment confidentiel.
Il ne s'agit pas de "créer" au sens artistique mais de relancer un processus créatif. D’ailleurs il n’y a pas de texte à interpréter mais une parole qui cherche à se dire. C’est souvent le contraste avec ce que l’on s’attendait à jouer et la scène effective qui fait l’intérêt de cette approche.

"Mais si on joue c'est pas vraiment sérieux", Alice 29 ans

Nul besoin d'être austère pour être sérieux. Lorsque l'on sait la quantité d'affects que le jeu psychodramatique engage il devient évident que les scènes jouées ont à voir avec la réalité du patient. Le jeu a donc toujours un enjeu où le personne se dit et se risque.

Pensé comme une médiation par le jeu, c'est-à-dire comme une technique amenée à produire un discours nouveaux sur les symptômes, le psychodrame conduit vers une "autre" réalité. Cette part "cachée" du sujet et qui pourtant ne cesse d'insister. Et c'est tout le sérieux de l'inconscient que de se révéler dans les détours du jeu et de la parole.

Les spécificités du psychodrame.


  Le jeu.

Au psychodrame le patient joue, parle, fait des gestes. Il est debout, aidé en cela par un groupe de thérapeutes.

Dans cet espace de jeu, le patient peut reconnaître chez les autres personnages les différentes facettes de sa personnalité. Il va pouvoir travailler dessus grâce au plaisir du jeu improvisé. Dans cette entreprise de transformation, il va être amené à s’apprivoiser peu à peu via un « effet miroir ».

  La dimension groupale du psychodrame.

Le groupe mobilise des processus psychiques et des dimensiosn de la subjectivité qui ne sont pas mobilisés de la même manière dans les thérapies individuelles. Au sein d’un cadre rassurant et fiable, le psychodrame travaille notamment sur les "prérequis" : pour ceux dont les problématiques exigent que soient d’abord rétablis les conditions d’un contenant psychique.

  La dimension diagnostic

Le patient est donc inviter à découvrir les ressorts de son fonctionnement mental. De plus nous avons constaté que cette technique avait une véritablement pertinence diagnostic dans la mesure où le patient est "en situation". Les psychodramatistes ont alors à leur disposition un matériel très riche en terme de structure psychique.


 Que joue-t-on en psychodrame?



On peut jouer aussi bien le présent comme le passé ou l’avenir. Le choix est très large.

Tout ce qui vient à l'esprit peut donc être joué au psychodrame; les co-thérapeutes pouvant jouer des animaux ou des objets. Cette totale liberté n'est pas confusionnante car elle va de pair avec la règle d'abstinence - "On ne se touche pas". Le but n'est pas de jouer au plus près un souvenir mais de créer les conditions de possibilité pour qu'un élément nouveau de l'histoire du sujet apparaisse. Et c'est souvent le décalage produit entre la scène imaginée et la scène jouée qui est plein de sens.

A qui s’adresse le psychodrame ?


Les indications de psychodrame sont nombreuses et se pensent toujours au cas par cas. Elles ne dépendent pas d'une pathologie précise mais se pensent plutôt en fonction de difficultés à se représenter, à symboliser, à rêver, à mettre en mots les vécus et les conflits internes, vécus de vide, de « blanc », de confusion, de sidération, des angoisses de n’avoir « rien à dire ».

Le psychodrame peut être proposé comme une alternative à une thérapie « classique ». Parfois il est mis en place en complément et en articulation avec une prise en charge individuelle; comme un nouveau souffle. 

Le psychodrame : aussi bien pour les enfants et adolescents que pour les adultes.


Le psychodrame se pratique de 7 à 77 ans...

Par exemple avec un enfant on joue d’avance la rentrée à l’école, la visite chez un dentiste, la naissance d’un petit frère, la séparation des parents, la mort de la grand-mère, etc.

Avec un adulte, un problème d’embauche, de conflits avec le supérieur hiérarchique, des questions d’argent, des conflits familiaux, les craintes…

Enfin le psychodrame est tout particulièrement indiqué pour les adolescents car les principales thématiques de cette période de transition ( l’agir, le groupe, le corps en mouvement ect...) sont inhérentes à son dispositif.

 Fragments Cliniques


  Maxime est un garçon de 11 ans dont l'indication de psychodrame a été posé eu égard à ses difficultés scolaires et à la pauvreté de son monde interne. Englué dans des affects dépressifs, Maxime n'arrive pas à esquisser un début de conflictualité psychique. De fait, il a du mal à investir la relation "en face à face" disant qu'il "n'a pas d'idées, pas de souvenirs" et qu’en plus « il ne sait pas jouer ».  
Lors de la première séance de psychodrame, nous jouons avec Maxime une   scène où un garçon interrogé par la maîtresse déclare ne pas avoir d'idée.
     
C'est sans conteste l'un des avantages du psychodrame. Etayé par les co- thérapeutes, Maxime terminera la scéance en disant au meneur de jeu : "qu'il  y avait en fait pleins de choses à dire" et qu'il s'était "senti moins seul". Plus tard dans le traitement, Maxime dira « qu’il ne demandait qu’à parler » mais « avait trop peur de ce qui pourrait se passer s’il avait des idées ».

  
Léo est un adolescent de 17 ans pour qui toutes relations aux autres s'avèrent compliqués. L'équipe du psychodrame sent rapidemment que c'est parce que Léo n'a pas "les mots" pour dire son malaise qu'il en vient à de violents passages à l'acte. Le travail s'oriente alors vers une entreprise d'étoffage de ses représentations psychiques. 

Peu à peu nous remarquons que l'adolescent commence à "trouver une autre voie". Maxime commence à percevoir que ses conduites invalidantes sont autant de manifestations défensives pour exister face à ses pairs.  

  A 32 ans Mathilde commence par nous dire qu'elle a "tout pour être heureuse" : une carrière brillante, un mari aimant et un bébé adorable. Pourtant elle est régulièrement sujette à des crises d'angoisses qui la paralyse et la conduise à des stratégies d'évitement.

Le travail de fond auquel amène le psychodrame lui permettra de se centrer sur ses troubles alimentaires. "sélectionner les aliments, contrôler ce que je mange est pour moi la seule façon de sentir que le cours de l'existence ne m'échappe pas" dira une co-thérapeute en position de double de la patiente.

Lors de l'analyse de cette scène, Mathilde nous confiera qu'elle n'avait jamais envisagé les choses sous cet angle et que cette parole lui ouvrait de nouvelles pistes...

Déroulement d’une séance


      Le psychodrame alterne des séquences qui se « jouent » et des moment d’échange avec le « meneur de jeu », qui est responsable de la séance, le garant du cadre et le seul à dialoguer avec le patient en dehors des scènes jouées. C’est lui qui rencontre le patient lors d’un entretien préalable et fait le lien avec les différents acteurs du parcours de soin. Il ne joue pas dans les scènes et décide de l'arrêt de celles-ci.
     
      Les "co-thérapeutes" au nombre de deux ou trois. Ils ont pour unique fonction de participer à la scène de psychodrame en jouant au plus près le conflit psychique du patient.
  
      La séance commence par un échange avec le meneur de jeu. Puis le patient est invité à proposer un scénario qu’il souhaite jouer ( un événement de sa vie, un souvenir, une idée…) Il se donne alors un rôle. Enfin il choisit parmi les co–thérapeuts à sa disposition ceux qui interviendrons dans la scène.
  
      Cette séquence est suivie par une élaboration avec le meneur de jeu.


Cadre de travail

       
   Une séance de psychodrame dure 25 minutes. Une mais le plus souvent plusieurs scènes sont jouées.
       
   Le groupe de psychodrame se compose d'un couple de psychodramatiste confirmé et de deux ou trois psychologues en formation.
       
    Chaque séance de psychodrame est suivi d'une reprise en équipe. Ce temps est essentiel car il permet aux thérapeutes d'analyser ce qui vient d'être joué afin de toujours être au plus près des problématiques du patient. 
       
  Des synthèses plus conséquentes et des groupes de réflexions théorico-cliniques sont organisés au cours de l'année. Trimestrielles, elles font le point sur l'avancée des prises en charge et nourrissent la réflexion.
       
     Enfin une supervision trimestrielle avec un superviseur extérieur est garant du cadre.


       

jeudi 22 octobre 2015

Les Thérapies en ligne : "vraies thérapies" ou arnaques?

ARTICLE EN COURS DE CONSTRUCTION...





Les Thérapies en ligne : état de l’art et étonnements


Et si on demandait à notre ami Google de nous renseigner sur les « thérapies en ligne »?

Premier étonnement : nous sommes « tendance ». 

Nous venons de taper un des mots clé ayant la plus forte progression de recherche l’année dernière concernant le domaine de la psychologie. Chouette ! A noter que l’expression « thérapie en ligne » regroupe tous les moyens de communication qui permettent au thérapeute et au patient de faire séance alors qu’ils ne sont pas physiquement dans la même pièce. Donc soit le téléphone, soit les vidéos-consultations type Skype. Mais pas que vous allez voir…

Car l'excellente série Web Thérapy, jouée par la déjantée Lisa Kudrow (vous savez Phoebe dans Friends), n'est pas si loin de la réalité.

Un prochain article est en construction sur la série Web Therapy et comment elle nous fait nous interroger, avec humour, sur ce qui est en train de se passer concernant les thérapies en ligne.

Deuxième étonnement : nous sommes perdu. 


A y regarder de plus près c’est la foire d’empoigne.
J’avance, je consulte et je note. A un moment donné j’actualise ma page de recherche ; certain d’avoir confondu ladite page avec celle de mon restaurant préféré via mes onglets favoris. Imaginez-vous : je viens de lire : «  possibilité d’être récompensé par des points de fidélité, code d’accès spécial pour les ventes flashs ».
Je recommence et suis stupéfait : il s’agit bien du site d’un psychologue. Je navigue, en eau trouble, dans une mer de signifiant où j’ai alors du mal à distinguer les petits poissons des gros requins.

Je décide de fouiller plus en détail. Le tableau est vaseux.

Le best-of du pire :


  •     Paiement à la minute avec tarif dégressif
  •   Obligation pour consulter de prépayer la séance ou d’acheter des « forfaits » de séances (la      11ème est gratuite comme pour les pizzas)
  • Conversation qui s’interrompt toutes les 10 min pour connaître la somme dépensée : « vous savez moi ma mère elle…Bip vous avez dépenser 30 euros. Allo je disais quoi déjà ? Ah oui ma mère »
  •  « Par téléphone, vidéo ou tchat sms c’est vous qui choisissez ». Avec une mention spéciale pour le tchat SMS car là c’est « résolument confidentiel » nous dit le thérapeute[1].
  • Des garanties satisfait ou remboursé et des labels « engagement qualité ». On a même vu un « made in France » et un écolo-label parce que du coup les patients ne se déplacent plus en voiture pour consulter.
  • Des slogans chocs qui n’ont rien à envier aux géants du markéting : « pour tous les budgets, à tout moment, où que vous soyez ». Dans un monde où c’est la crise et où personne n’a le temps de rien ça semble être la solution. Après tout si ça marche pour vendre des cours de soutien scolaire…
Notre sentiment est que le métier des psychologues est un « service à la personne » d’un genre un peu particulier. Impensable d’avoir de tels slogans accolés au métier de médecin ou d’avocats. Le fait est que le métier de psychologue n’est régit par aucun ordre professionnel. Et que sous le terme de thérapeute se cache des personnes obscures. Il y a bien une « éthique » des psychologues mais celle-ci n’engage à aucune obligation légale.

Troisième étonnement : alors même que les thérapies en ligne ont le vent en poupe, personne ne semble avoir réellement réfléchit à inscrire ces dernières dans un cadre théorico-clinique stable et rigoureux. 


Car poser la question en ces termes : « est-ce que les thérapies en ligne sont de vraies thérapies » c’est bien sous-entendre que quelque chose ne va pas de soi. Ne pas être dans la même pièce que son thérapeute, ne pas pouvoir lui serrer la main, ça compte lorsque l’on parle de « contenance » et de « chaleur » du cadre thérapeutique. Au lieu de cela, la plupart des promoteurs de la psychologie en ligne bote en touche : « ici on reproduit le plus fidèlement possible les conditions réelles d’une consultation en cabinet » peut-on lire à tout va. Comprenez : passez votre chemin il n’y a rien à voir. Et tant pis s’il est 8h00 du matin à Paris alors qu’il est 18h00 en Australie.
« Bonjour » dit le psy.
« Bonsoir » répond le patient.
« Il fait pas très beau ce matin » ajoute le psy.
« 40 degré ça peut aller » enchaine le patient en tee-shirt.
Bienvenue dans l’hyperréalité décrite par Baudrillard. Et quand le réel disparaît, place à la simulation.

J’engage alors un tableau pour mettre de l’ordre dans tout cela.

Les Avantages des thérapies en Ligne
Ah bon vraiment ?
          Elles coûtent moins cher que les thérapies classiques car le thérapeute n’a pas besoin d’avoir un cabinet.
          Le psy est où s’il n’est pas à son cabinet ? Dans la rue, dans son bain ? N’’est-ce pas important de pouvoir visualiser un lieu pour ancrer sa parole ?
          Trader ou chômeur, 60 euros c’est pareil ? Le tarif des séances a pour vocation d’être parlé en thérapie
         Si le thérapeute n’a pas de cabinet comment va t-il faire une fois que le patient sera rentré de sa mission à l’étranger et qu’il voudra poursuivre sa thérapie ?
          Lorsque l’on sait que les thérapies en ligne sont une spécialité à part entière l’on serait au contraire en droit de s’attendre à ce qu’elles soient « plus chères » qu’en cabinet
         Les thérapeutes sont disponibles partout et à n’importe quelle heure
          Nécessaire dans les situations d’urgences psychologiques, le « partout/tout le temps » induit une forme de toute-puissance qui est dommageable pour des raisons cliniques. Si le patient consulte en ligne car il souhaite éviter 20 min de temps de trajet, la question de son implication et de sa motivation dans sa thérapie semble se poser.
         C’est bien au fond le paiement à la minute car ça oblige "à aller à l’essentiel". Ne pas voir le thérapeute, je suis plus concentrée, je ne cherche pas à séduire. C’est plus objectif.
          Nouveau slogan : « taisez-vous plus pour gagnez plus ». Bien difficile dans ce cas de travailler la place des silences et de leurs effets en thérapie. Et zut, moi qui croyais que mon outil de travail – l’analyse du transfert – me plaçait dans la catégorie des professions qui n’allaient pas se faire remplacer par les robots…
         Les dernières études prouvent que les thérapies en ligne marchent aussi bien voir sont plus efficaces que les thérapies en cabinet
-       Cette étude menée par Peter Jones de l’IAPF est citée à la chaîne. A y regarder de plus près, elle ne concerne que des thérapies neuro-cognitivistes avec un problème ciblé à résoudre. Et si ce qui faisait la réussite ou l’échec d’une thérapie ne se limitait pas seulement aux symptômes comportementaux mais impliquait une dynamique de changement plus globale ?
Je me suis fait voler mon sac avec mon ordinateur portable et mon téléphone. Je fais comment pour ma séance ?
          Faites confiance aux pouvoirs thérapeutiques de la maréchaussée. Un dépôt de plainte = une séance gratuite.


Quelles sont les différences entre Thérapies en ligne et thérapies en cabinet


« Les thérapies en ligne c’est comme le téléphone rose. Tu seras soulagé mais jamais vraiment satisfait ».
Une utilisatrice du forum doctissimo

Notre propos se fonde sur une expérience de trois ans de pratique des vidéo-consultation et la conduite d’une trentaine de psychothérapie au long court.
Avant de décider si les thérapies en ligne sont des « vraies thérapies » ou des arnaques, penchons-nous sur ce qui les différencient.

L’exercice est riche car il interroge à nouveaux frais des éléments centraux de la pratique en cabinet ; des éléments sur lesquels peu se questionnent tant ils semblaient acquis.

Les spécificités du cadre des Thérapies en ligne : 


  • Le rapport à l’espace/temps : la question du décalage horaire
  • L’écran : la vision, le regard (oui mais on fait plus attention à certaine chose par exemple l'intonation de la voix, les mimiques du visage etc...)
  • La stabilité de la connexion internet : la présence/absence, référentiel du jeu du fort-da freudien. Peut-on soigner à distance? cf « il faut du corps ». Les thérapies en ligne ne sont-elles efficaces que dans les psychothérapies de soutien,  dans l’immédiateté d'une urgence,  ou peuvent-elles déboucher sur un travail de fond d'explicitation véritable de soi?
  • La place des silences : comment vivre et interpréter les silences par vidéo?
  • La confidentialité : "il y a t-il quelqu'un d'autre que vous dans la pièce? N'êtes vous pas en train d'enregistrer nos conversations? Moi qui consulte depuis la Chine, qu'en est-il du gouvernement chinois et de la liberté d'internet". C'est pour cela que la société eutelmed pour laquelle j'interviens à développer sa propre plateforme sécurisée qui répond au décret sur la télé-médecine.
  • Le contact : quelle présence, quelle contenance par vidéo?
  • Les modalités d'une plateforme internet : par exemple chaque thérapeute sur eutelmed a sa photo sur le site avec un descriptif de son activité. "c'est comme sur les sites de rencontre" me disait un jour une patiente. Question : qu’est-ce qu'un psychologue, qui plus est psychanalyste, doit dire de soi, lui qui croit en la pertinence du principe de neutralité bienveillante et qui se pense comme une surface de projection la plus vierge et malléable possible pour le patient?
  • Le paiement : il ne se fait pas en direct et passe par un tiers (une société ou paypal). De plus pour les patients expatriés, l'intégralité de leur suivi psychologique est parfois pris en compte par leurs assureurs et font parti du package expat "prévention des risques psycho-sociaux".
  • Le patient consulte de chez lui ce qui est encore différent pour que les consultations à domicile pour les personnes malades dans l'incapacité de se déplacer. Quels changements que de consulter seul chez soi ou avec sa famille à côté?
  • L'alternance des séances au cabinet et en ligne : étudier ce qui se dit par vidéo-consultation et ce qui se dit au cabinet. Car souvent les patients reviennent en France d'où l'importance pour le psychologue en ligne d'avoir un cabinet.
  • Parler sa langue maternelle dans une communauté expatriées : le retour à la langue.
  • Etudier ce que les thérapies en ligne modifient dans l'écoute, l'attitude et la pratique du psychologue. 
  • Il y a t-il des contre-indications à la pratique des thérapies en ligne?

Vers l’établissement d’un guide des bonnes pratiques pour les thérapies en ligne. 


  • Quelles sont les conditions pour que les Thérapies en ligne soient efficaces ? Outil de transfert de données, internet peut-il être un outil de transfert tout court?
Insister sur la description de vignettes cliniques.

Notre thèse : Nous nous basons sur nos trois années d'expérience et sur une trentaine de psychothérapie en ligne. Un vrai travail psychique est possible sous certaines conditions et certaines thérapies en ligne sont des arnaques.

Thérapies en ligne et psychanalyse : question de la psychanalyse appliquée; la psychanalyse étant une méthode de traitement qui part de l'étude de l'hystérie et qui dès ses origines a étendu ses champs d'applications (psychanalyse des enfants, des psychotiques, psychodrame)

  • Selon quels critères les thérapies en ligne pourraient-elle être exclu du champ analytique? En terme concret est-ce qu'un analysant qui aurait suivi une psychanalyse personnelle par vidéo peut postuler dans une école analytique? Sinon pourquoi?
  • Selon quelles modalités les thérapies en ligne « ça reste de la psychanalyse » ? Or force est de constater qu'aujourd’hui les thérapies en ligne sont trustées par le courant de la TCC.
Laissons la parole à Jean Laplanche qui dans Problématique V se pose la question : jusqu’où la spécificité du travail analytique peut-il être maintenu?
« […] très vite, va se présenter le problème de « l'analyse hors de l'analyse », hors de la cure : la psychanalyse dite « appliquée ». En quoi, dans la psychanalyse appliquée, existe-t-il encore quelque chose qui peut ressembler à une analyse? Et si dans la psychanalyse appliquée il ne reste plus guère ou plus rien de la situation analytique, quelle est sa légitimité? C'est, là aussi, un débat fondamental, avec des réponses tout à fait différentes. »
    Jean Laplanche, « La psychanalyse en extension » dans Problématiques V Le baque

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-        [1] J’en étais à me dire qu’il y avait peut-être un créneau pour la thérapie par pigeon-voyageur mais tous les animaux disponibles s’étaient déjà engagée avec mon collègue zoothérapeute. Après tout, dans le domaine du glauque qui est le patient, qui est le pigeon, c’est plus si évident. Lorsque l’on tape « thérapie par » sur Google, on tombe entre autre sur la thérapie par les arbres ou la thérapie par les anges. Pour la thérapie par les anges, la madame qui a un PHD nous insister, sur fond de musique méditative – du genre maître Gimm's qui s’essayerait au piano à la troisième de Rachmaninov de demander aux anges de rompre nos serments de chasteté contractés dans une vie antérieure et qui entrave notre vie relationnelle présente. Pour la thérapie par les arbres, franchement allez chez Truffaut moi j’y ai rien compris. Juste que ça s’appelle la sylvothérapie. Si vous ne vous appelez ni Sylvie ni Sylvain essayez plutôt la thérapie par les pierres. Enfin si vous vous appelez Pierre. Ou Panoramix.)